BRAHMACHARYA : la joie de la simplicité.

À l’heure où des mil­lions de per­son­nes s’apprêtent habituelle­ment à rem­plir leurs valis­es, à sur­charg­er leurs véhicules ou à pren­dre l’avion, à l’heure où la joie à l’idée de par­tir en vacances se fait telle­ment intense que celle-ci relève plutôt de l’excitation, sommes-nous capa­bles, qui plus est en cette année par­ti­c­ulière où la vie nous a mis face à nous-mêmes, où elle nous envoie des mes­sages pour com­pren­dre quelle est notre juste place, sommes-nous donc capa­bles de mod­ér­er nos envies, nos exci­ta­tions ?

Dans le pre­mier pétale du ash­tan­ga yoga de Patan­jali, le qua­trième yama (yama = principes rela­tion­nels, règles morales sociales uni­verselles) se nomme Brah­macharya.

Bra­hamacharya est un terme san­skrit qui désigne l’apprentissage de la sci­ence sacrée, l’étude du Véda ou encore une vie pure.

Brah­man désigne l’Être Suprême ou  le Principe de vie suprême, le Dieu comme l’Essence ou le sub­strat du Tout.

Carya (se prononce charya) peut se traduire comme un com­porte­ment, une activ­ité, une vie vertueuse.

Dans les Yoga-Sutra, on retrou­ve des tra­duc­tions, rel­a­tives aux dif­férents auteurs, qui ne sont pas tou­jours iden­tiques (ceci est tout autant val­able pour d’autres textes ou tra­duc­tions).

Ain­si, ces tra­duc­tions de Brah­macharya vari­ent depuis le sens de mod­éra­tion à la chasteté, du céli­bat à la sagesse, en pas­sant même par­fois par l’ascétisme.

Gar­dons l’idée qu’un des principes fon­da­men­taux des yogis est de con­serv­er l’énergie pour engranger de la vital­ité et de la longévité.

Dans cette per­spec­tive, la tra­duc­tion que je con­serve et qui me sem­ble la plus appro­priée est celle de la mod­éra­tion au sens large du terme, qui a trait tout autant à l’activité sex­uelle, qu’à l’économie des actes et des pen­sées dis­cur­sives, ain­si qu’à l’usage de la parole. (Je dévelop­perai ultérieure­ment ce sujet dans un autre arti­cle).

De ce fait, nous pou­vons tir­er par­ti du con­texte actuel de la pandémie, pour appren­dre ou réap­pren­dre ce qu’est la mod­éra­tion, ce que sig­ni­fie Brah­macharya pour ressen­tir et vivre ses ver­tus et ses bien­faits.

De sur­croît, puisque Brah­macharya est un principe rela­tion­nel et que nous devons actuelle­ment veiller à nos com­porte­ments pour pro­téger les autres et se pro­téger soi-même d’une éventuelle con­t­a­m­i­na­tion, faisons au mieux pour réduire les déplace­ments, les agi­ta­tions, la démesure, la sur­con­som­ma­tion. Ceci n’altère en rien le sen­ti­ment de joie d’être que l’on éprou­ve dans la vie et notre quo­ti­di­en !

Apprenons grâce à Brah­macharya à réduire la fébril­ité men­tale au prof­it de la force et de la sta­bil­ité de la con­science d’être soi.

Du bon sens, tout naturellement

Le yoga a été comme une aspi­ra­tion de mon âme vers lui.

Je me sou­viens d’une péri­ode de ma vie, plus pré­cisé­ment dans ma jeunesse, où je me suis dévelop­pé et con­stru­it autour d’un sen­ti­ment de pro­tec­tion face à une peur intérieure pro­fonde, qui se reflé­tait en par­tie dans ma vision du monde extérieur.  Je prof­ite de cette occa­sion pour dépos­er une demande de par­don envers tous les Êtres vivants que j’ai frois­sés ou blessés, con­sciem­ment ou non ; le par­don et l’Amour sont deux éner­gies d’élévation et de matu­rité, elles nous per­me­t­tent de tran­scen­der la lour­deur et la néga­tiv­ité de cer­taines émo­tions.

Sur ce chemin, heureuse­ment, l’élan de vie, la foi qui m’anime et le courage de faire d’autres choix m’ont per­mis de revenir sur une voie plus juste pour mon équili­bre et mon bien-être.

Vic­tor Hugo soulig­nait ceci : « C’est une triste chose de songer que la nature par­le et que le genre humain n’écoute pas ». Com­prenons bien ici que Vic­tor Hugo intè­gre dans l’usage du terme nature, cet élan de vie qui nous ani­me tous autant que nous soyons, puisque nos faisons par­tie inté­grante de la nature !

De la sorte, sché­ma­ti­sons très som­maire­ment la con­di­tion humaine :

                Être humain = Organ­isme vivant

                Organ­isme vivant = assu­jet­ti à des lois naturelles

Or, ces mêmes lois naturelles ne sont plus enten­dues, respec­tées ni con­sid­érées à leurs justes valeurs dans nos sociétés mod­ernes actuelles – (quoi qu’une tran­si­tion et des éveils s’opèrent fort heureuse­ment dans cer­tains milieux).

Dévelop­per assidû­ment ma pra­tique de yoga m’a per­mis de réalis­er com­bi­en nous sommes envahis et agressés par un nom­bre crois­sant de stim­uli stres­sants pour nous.

Notre organ­isme, dans ses fonc­tions les plus archaïques certes, mais aus­si les plus vitales, est ain­si décon­nec­té de ses réels besoins pri­maires au prof­it d’une dégra­da­tion de notre état de san­té et d’un bon équili­bre. Quoi qu’on en dise, ces fonc­tions archaïques sont les con­sti­tu­ants de base de tout notre équili­bre.

Sim­pli­fions encore une fois très som­maire­ment :

                Être humain = Fonc­tions archaïques

                Fonc­tions archaïques = Chimie et bio-élec­tro­mag­nétisme

Le point de départ est la réal­ité biologique du vivant.  A titre d’exemple, dès le moment de la con­cep­tion d’un être humain où un sper­ma­to­zoïde pénètre à l’intérieur de l’ovule, celui-ci pro­duit une réac­tion chim­ique inter­dis­ant tout accès à d’autres sper­ma­to­zoïdes.

Bien­v­enue dans le mode de for­ma­tion des espèces : la phy­lo­genèse !

Plus poé­tique­ment, on par­le d’amour. D’ailleurs, en par­lant d’amour dans son sens le plus com­mun, c’est aus­si le résul­tat d’une fonc­tion archaïque, une pro­duc­tion biologique chim­ique : les hor­mones.

C’est là où inter­vient un phénomène d’importance majeure souligné par Chris­t­ian Flèche, auteur du livre « Mon corps pour me guider » : « Le cerveau ne sait pas faire la dif­férence entre le réel et l’imaginaire. [….] Tout ce qui vient à tra­vers les sens, ou à tra­vers la pen­sée, l’imaginaire, est traduit de façon biologique ».

Notre cœur bat la chamade suite à une réac­tion chim­ique !

Ain­si, dans notre quo­ti­di­en d’Hommes con­tem­po­rains, il y a un accroisse­ment inces­sant d’échanges et de pro­duc­tions chim­iques qui se font à notre insu. Les résul­tats de tous ces stim­uli externes (visuels, olfac­t­ifs, sonores, gus­ta­t­ifs, der­miques), et par­ti­c­ulière­ment exces­sifs dans les aggloméra­tions, se retrou­vent essen­tielle­ment dans le dérè­gle­ment de nos organes par une rela­tion de cause à effet dont nous sommes incon­scients : une sur-sol­lic­i­ta­tion des fonc­tions archaïques et de notre chimie intérieure, d’autant plus accrue avec l’usage des tech­nolo­gies virtuelles.

Cette sit­u­a­tion n’est pas irréversible, au con­traire, nous pou­vons en pren­dre con­science grâce à notre sen­si­bil­ité. Accéder à cette sen­si­bil­ité va deman­der pour la plu­part d’entre nous de « shunter » les réflex­es men­taux et les pen­sées pour observ­er et décou­vrir nos sché­mas réac­tion­nels habituels.

Dans les apho­rismes du Yoga Sutra, dès la deux­ième sen­tence, nous apprenons ceci :

« Yoga cit­ta vrt­ti niro­dah »

« Le yoga est la fac­ulté de diriger les fluc­tu­a­tions du psy­chisme ».

Ce qui revient  à dire que la plu­part du temps, et pour beau­coup d’entre nous, nous ne sommes pas con­scients que nous sommes entraînés dans le tour­bil­lon de nos pen­sées et de nos réac­tions habituelles.

On peut légitime­ment se deman­der quel est l’intérêt de cette fac­ulté ?

Ce qu’enseigne le qua­trième apho­risme du YS :

« Vrt­ti­s­arupyam itara­tra ».

« Autrement, il y a iden­ti­fi­ca­tion aux activ­ités du psy­chisme ».

vrttisarupyam itaratra.jpg

(Image extraite du YS com­men­té par Bernard Bouan­chaud)

Ayant con­nais­sance de ces quelques infor­ma­tions ( on peut dévelop­per le sujet et je le ferai prob­a­ble­ment lors d’un prochain arti­cle), ne pou­vons-nous pas nous inter­roger sur nos actuels modes de vie hyper sol­lic­ités pour faire des choix con­séquents, et pourquoi ne pas établir des bases plus mod­érées pour le bien de tous les êtres vivants ?

J’évoque ici Pierre Rab­hi : « Une sobriété heureuse ».

Du bon sens, tout naturelle­ment !

Changer, modifier, transformer, évoluer

Je suis d’un naturel opti­miste et cet élan de vie m’a guidé pour me réori­en­ter à un moment de ma vie. Ain­si, j’ai instal­lé des valeurs et des com­porte­ments plus sains pour moi-même et donc pour les autres. La con­di­tion humaine, comme toute autre con­di­tion man­i­festée, est assu­jet­tie au main­tien d’un équili­bre con­stant et frag­ile.

Que ce soit indi­vidu­elle­ment, au sein d’un cou­ple, d’une famille, d’une ville, d’un pays, d’un con­ti­nent ou de la planète, et par exten­sion du sys­tème solaire et plus encore, toute man­i­fes­ta­tion est sous l’influence du change­ment per­ma­nent des élé­ments et des éner­gies envi­ron­nantes.

Le réseau est donc très vaste et très com­plexe. Mais ce réseau est issu d’une Force Pri­mor­diale, Vitale, com­mune à tout ce qui existe dans cette vaste toile, que cela soit ani­mé ou que cela paraisse inerte.

Dans le cas de l’espèce humaine, nous sommes arrivés à une nou­velle fron­tière, ou lim­ite, qui nous incite caté­gorique­ment à mod­i­fi­er nos com­porte­ments et donc à remanier notre sché­ma socié­tal.

Je partage à tra­vers cet arti­cle quelques extraits tirés d’une inter­view* de Jere­my Rifkin, écon­o­miste, con­seiller poli­tique et activiste améri­cain qui s’exprime sur la notion de la résilience.

ETAT DE FAIT

QUAND LE RATIONNEL EST RATTRAPE PAR LE NATUREL

ADAPTABILITÉ

Dans cette péri­ode plus que jamais charnière pour l’Humanité et la Vie toute entière, je vous pro­pose de prof­iter de ces restric­tions de déplace­ments actuelles pour en tir­er par­tie : étudi­er et dévelop­per les enseigne­ments du yoga, et plus par­ti­c­ulière­ment les Niya­mas, les principes per­son­nels.

  1. Sauca : la purifi­ca­tion en réduisant toutes sortes d’aliments tox­iques, tant pour le corps physique que pour l’esprit.
  2. Sam­tosa : le con­tente­ment, en adop­tant une atti­tude pos­i­tive au vu des événe­ments actuels
  3. Tapah : la dis­ci­pline en équili­brant les activ­ités en tout domaine
  4. Svad­hyaya : l’étude des textes et à tra­vers leur com­préhen­sion, l’étude de soi
  5. Isvara Pranid­hana : lâch­er-prise et aban­don du fruit de nos actions à la Force Pri­mor­diale

L’ appli­ca­tion de ces principes avec ceux des Yamas (les atti­tudes envers les autres et l’environnement) sont la base même d’une bonne har­monie sociale et rela­tion­nelle. Ils con­stituent ce que l’on nomme dans notre vocab­u­laire occi­den­tal une édu­ca­tion civique.

Pour arriv­er au mieux à inté­gr­er ces principes dans notre quo­ti­di­en, nous devons les installer pro­gres­sive­ment, surtout si nos modes de pen­sées et de vie sont ultra-con­di­tion­nés par l’infrastructure du mod­èle occi­den­tal.

La méth­ode con­siste à pren­dre du recul pour mieux com­pren­dre nos pul­sions.

Françoise Mazet com­mente un des apho­rismes (II.33) de Patan­jali ain­si :

« Il faut beau­coup d’humilité pour se rap­pel­er, dans un moment de trou­ble, que l’on est tou­jours sub­jec­tif, qu’un autre point de vue peut être tout aus­si val­able, et qu’il con­vient d’éviter de se laiss­er enfer­mer dans ce qui paraît cer­tain ». Et elle ajoute cette cita­tion de Pas­cal : « L’erreur, c’est l’oubli de la vérité con­traire ».

Appliquons cette méth­ode quo­ti­di­en­nement pour soutenir la mise en vigueur des Niya­mas.

Prati­pak­sa Bha­vanam, c’est l’attitude men­tale opposée que l’on peut aus­si traduire par « pren­dre du recul pour com­pren­dre notre réac­tion ».

En occi­dent, nous avons en quelque sorte un adage sim­i­laire attribué au Roi Salomon : « Tourn­er sept fois sa langue dans sa bouche ». Com­prenons bien qu’il ne s’agit pas unique­ment de Verbe !

Bonne médi­ta­tion sur le sujet et surtout ….. bonne mise en pra­tique.

Lokah samas­tah sukhi­no bha­van­thu (Que tous les Êtres de tous les mon­des soient heureux et libres)

( * inter­view effec­tuée par Miri­am Gabli­er pour le mag­a­zine Inex­ploré)

Atelier “Les centres énergétiques”

Dimanche 05 Avril 2020 de 9h à 12h30

École Pri­maire de Saint-Hip­poly­te

Depuis des siè­cles, quelques rishis (en san­skrit « pré­cep­teurs », « sages ») ont observé lors de médi­ta­tions la présence de cen­tres énergé­tiques dans le corps, les cakras.

Ils se situent le long de notre colonne vertébrale et leur vibra­tion dif­fère en fonc­tion de leur emplace­ment : plus leur fréquence est haute, plus leur action est sub­tile.

Telle la crois­sance d’un arbre, au cours de notre exis­tence, nous nous dévelop­pons du bas vers le haut. Ain­si au cours de cet ate­lier, nous allons explor­er un à un nos cakras et leurs fonc­tions, qui ont la capac­ité d’influencer notre san­té physique, men­tale et émo­tion­nelle.

Un temps de pause et de partage sera pris durant la pra­tique autour d‘ une bois­son

Ouvert à tous  

Adhérents : 25€ ; Non-adhérents : 30€

Sur réser­va­tion
Michael
: 06 68 190 770

Cour­riel : michael@cayo.fr

Nouvelle année, Nouvelle(s) résolution(s)

Dans les con­cepts de la cul­ture indi­enne pro­pres au yoga et à l’ayurve­da, on apprend à recon­naître notre con­sti­tu­tion indi­vidu­elle que l’on nomme “Prakrt­ti” en san­skrit. (Les détails de ce sujet fer­ont l’ob­jet d’un arti­cle ultérieure­ment)

Cette con­sti­tu­tion se traduit par l’empreinte d’une énergie ou d’une com­bi­nai­son énergé­tique qui influ­ence notre car­ac­tère et notre tem­péra­ment.

Ceci est val­able à l’échelle indi­vidu­elle mais l’est aus­si à l’échelle d’un foy­er, d’une com­mu­nauté, d’une province ou d’une région, d’un pays ou d’une nation, voire d’une ou plusieurs civil­i­sa­tions.

La par­tic­u­lar­ité de la civil­i­sa­tion occi­den­tale est à mon sens influ­encée majori­taire­ment par l’én­ergie du mou­ve­ment, c’est-à-dire en rela­tion avec l’élé­ment “air”. Ce type d’én­ergie ne sup­porte pas bien les temps de sus­pen­sion, les “vides”.

Il y a donc un besoin con­stant de rem­plir notam­ment le silence. Ceci nous amène à dévelop­per et à rechercher trop fréquem­ment une activ­ité ou une sat­is­fac­tion extérieure, soit pour combler un déficit, soit par peur du silence et par exten­sion, de soi.

Éprou­ver le con­tente­ment (Sam­tosha en san­skrit) et se réap­pro­prier sa valeur serait une mer­veilleuse réso­lu­tion pour cette nou­velle année à venir.

Pourquoi ne pas com­mencer cette nou­velle année dans le calme ?

Nous par­lons beau­coup de prob­lèmes envi­ron­nemen­taux et écologiques liés aux pol­lu­tions des sols et de l’air par les pes­ti­cides et les divers gaz.

Avez-vous déjà songé à la pol­lu­tion sonore ? Celle-là même qui nous inonde dès la son­ner­ie du réveil (si vous utilisez cet objet), et même par­fois durant la nuit.

Au milieu du 20ème siè­cle, le bruit s’est immis­cé dans notre vie quo­ti­di­enne, nous séparant de cet état naturel du silence. Je vous partage ici plusieurs extraits d’un livre inti­t­ulé “Du silence” de David Le Bre­ton :

De nou­veaux bruits ont pénétré les apparte­ments avec la radio, la télévi­sion, les instru­ments ménagers, le télé­phone, le portable, le fax, les chaines hi-fi, etc .… […]. Dans les villes, les bruits s’enchevêtrent et accom­pa­g­nent de leur con­stance la marche du citadin.”

D’après Jacques Brosse, his­to­rien des reli­gions et philosophe français et pra­ti­quant du boud­dhisme zen, décédé en 2008, “La richesse se mesure main­tenant aux sources de bruits, à la gamme de bruits dont un par­ti­c­uli­er dis­pose” (1965).

Revenons à quelques extraits de l’ex­posé de David Le Bre­ton :

Nos sociétés ajoutent de nou­velles sources sonores avec les musiques d’am­biance dans les mag­a­sins, les cafés, les restau­rants, les aéro­ports, etc …comme s’il fal­lait noy­er le silence des lieux où la parole s’échange à l’in­térieur d’un bassin per­ma­nent de bruits que nul n’é­coute, qui indis­pose par­fois, mais dont l’in­térêt est de dis­tiller un mes­sage sécurisant. Anti­dote à la peur dif­fuse de n’avoir rien à dire [.…]”

La notion de con­tente­ment à laque­lle je me réfère pour le nou­v­el an à venir, serait de réduire nos pseu­dos besoins sonores (musique à plein régime, feux d’ar­ti­fices déto­nants, hurlements et autres cacoph­o­nies) pour retrou­ver le véri­ta­ble sen­ti­ment de joie dans sa sim­plic­ité et non plus dans l’e­uphorie d’une décharge émo­tion­nelle et psy­chologique.

Je fais à nou­veau appel à un extrait de David Le Bre­ton :

La qual­ité de présence dis­pense de toute parole super­flue, mais elle con­fère aus­si un sen­ti­ment renou­velé de vivre, elle est dis­pen­satrice de sens. Elle invite à trou­ver sa place en habi­tant une parole sobre et un silence qui lais­sent miroi­ter la pléni­tude des sig­ni­fi­ca­tions pos­si­bles.”

Rejoignons là l’idée de Pierre Rab­hi, celle de la “sobriété heureuse”.

Ce pas­sage vers la nou­velle année dans la sim­plic­ité, le respect et les joies mod­érées serait empreint de l’in­ten­tion d’un réel change­ment, d’une évo­lu­tion des habi­tudes destruc­tri­ces que nous entretenons plus ou moins con­sciem­ment pour déploy­er la réelle pos­si­bil­ité de gag­n­er en matu­rité et en sagesse.

Célébrons cette nou­velle année à venir en nous reliant aux besoins fon­da­men­taux de notre con­di­tion humaine et à la Nature.

Om Shan­ti shan­ti shan­ti.

P.S : un mot sur l’il­lus­tra­tion qui accom­pa­gne ce blog qui est tirée de la Bha­ga­va­ta Purana, texte faisant par­ti d’une sorte d’en­cy­clopédie dont la data­tion de sa rédac­tion reste floue (entre le 4ème s. av. JC et le 10ème s. ap. JC).

Vish­nu, dieu con­ser­va­teur de l’U­nivers, se repose sur le ser­pent à plusieurs têtes pour pré­par­er le prochain cycle de vie.

Rythme de vie : L’automne

Les couleurs de la Nature se trans­for­ment peu à peu, l’in­ten­sité de la lumière dimin­ue tout comme la durée des jours.
Notre rythme biologique s’adapte naturelle­ment à ces cir­con­stances cycliques mais en est-il de même dans nos actions quo­ti­di­ennes ?

Pour accom­pa­g­n­er favor­able­ment ces change­ments de sai­son, nous allons adapter et mod­i­fi­er dans un pre­mier temps notre pra­tique des asanas.
Après la dom­i­nance du feu de la sai­son esti­vale, les élé­ments se trans­for­ment vers la pré­dom­i­nance de l’air et de l’éther. Nous aurons cer­taine­ment ten­dance à nous asséch­er et à nous dis­pers­er.

Les pos­tures d’équili­bre nous aideront à amen­er de l’an­crage et toni­fi­er ain­si notre sys­tème nerveux : il nous fau­dra toute­fois mesur­er l’in­ten­sité pos­tu­rale pour la main­tenir un peu plus longue­ment.

Évac­uer l’air et l’éther de notre corps grâce aux pos­tures de flex­ions avant, c’est-à-dire, cuiss­es vers abdomen. Ain­si nous pou­vons aus­si dévelop­per la pra­tique allongée sur le dos, qui elle aus­si , rap­portera de l’an­crage.
Tâchons de main­tenir une cadence calme et nous pou­vons même répéter nos pos­tures une deux­ième fois.

Accom­pa­gnons ou faisons suiv­re les asanas de tech­niques res­pi­ra­toires où les inspi­ra­tions et expi­ra­tions, tout comme les éventuelles réten­tions, sont iden­tiques .… et pro­lon­geons la pra­tique.

Côté ali­men­ta­tion, retour à la cuis­son des légumes et éviter au max­i­mum de réchauf­fer notre nour­ri­t­ure et de s’hy­drater avec les bois­sons froides.

C’est le moment aus­si d’éviter au mieux les courants d’air, gar­dons nos pieds et notre tête au chaud.
Instal­lons un som­meil réguli­er, dimin­uons nos temps de com­mu­ni­ca­tion, les infor­ma­tions, les images et les déplace­ments, tout comme les efforts physiques intens­es.

Bonne pra­tique à toutes et à tous !

Lokah Samas­tah Sukhi­no Bha­van­thu.

Se mettre à l’écoute attentive du corps

Calme, immo­bil­ité, patience, obser­va­tion, écoute ….. Voilà des maîtres mots qui n’ont que très peu de place dans notre société con­tem­po­raine occi­den­tale.

La plu­part d’entre nous savons ren­dre ser­vice à des amis, des proches,  nous nous met­tons au ser­vice d’un employeur, mais savons nous nous met­tre atten­tive­ment à l’écoute de notre corps et à sa dis­po­si­tion ?

Définis­sons tout d’abord le principe d’une écoute atten­tive.

L’écoute atten­tive est notre capac­ité à nous ren­dre disponible, c’est-à-dire à faire abstrac­tion d’une quel­conque réflex­ion men­tale qui abouti­rait  à une analyse cérébrale volon­taire pour en tir­er une ou des con­clu­sions.

Se ren­dre disponible dans l’écoute c’est accueil­lir ce qui est perçu par l’un ou plusieurs de nos organes de per­cep­tion, et savoir rester le con­tem­pla­teur du vécu, de l’expérience que l’on fait.

Par­mi les huit branch­es réper­toriées du yoga, qui font plus ou moins référence dans les enseigne­ments des dif­férentes écoles ou lignées, nous trou­vons une branche ou un pétale que l’on nomme « Pratya­hara » ; ce qui sig­ni­fie lit­térale­ment « retrait des fonc­tions sen­sorielles ».

Le sutra II.59 du Yoga Sutra com­pilé par Patan­jali au début de notre ère énonce ceci :

« svav­isayasam­prayo­ge cit­ta­sya svaru­panukara iven­driyanam pratya­harah », ce qui peut se traduire ain­si « la maîtrise sen­sorielle survient lorsque les fonc­tions sen­sorielles sont dis­so­ciées de leurs objets pro­pres, comme s’ils  se con­for­maient à la nature de l’esprit ».

Dans son ouvrage de tra­duc­tion, de com­men­taires et de réflex­ions, Bernard Bouan­chaud pré­cise ceci pour éclair­cir le principe de Pratya­hara : « L’expression fonc­tions sen­sorielles représente ici dix élé­ments plus un. Out­re les cinq sens de per­cep­tion, l’ouïe, le touch­er, la vue, le goût, l’odorat, cette maîtrise inclut égale­ment les cinq sens d’action, la parole, la préhen­sion, la loco­mo­tion, la pro­créa­tion, l’excrétion et aus­si le men­tal qui coor­donne l’ensemble des sens ».

Nous com­prenons donc main­tenant ce qu’est une écoute atten­tive : c’est l’entrée dans l’état d’Être !

De ceci découle notre capac­ité intrin­sèque à pou­voir main­tenir de la manière la plus appro­priée l’homéostasie de notre organ­isme.  Car n’oublions pas qu’avant de pou­voir penser, réfléchir, com­pren­dre et analyser, donc utilis­er le corps men­tal, nous sommes tout bon­nement des organ­ismes vivants !

yogi médite

Cette écoute atten­tive se traduit aus­si dans la pra­tique pos­tu­rale, les asana. Ety­mologique­ment, la racine san­skrite de « asana » est « as », qui sig­ni­fie s’asseoir. En d’autres ter­mes, être sta­ble, établi dans une posi­tion ferme, quelle que soit la pos­ture. Dans cet état d’assise s’ouvre alors à nous la pos­si­bil­ité de se reli­er à notre Force vitale, au principe de vie. Nous devenons alors récep­tifs.

Définition de la vie (cf wikipédia)

« La vie est un phénomène naturel observé à ce jour unique­ment sur Terre. La vie se man­i­feste à tra­vers des struc­tures matérielles appelées organ­ismes vivants, ou êtres vivants, recon­naiss­ables par la grande com­plex­ité de leur struc­ture interne et leur activ­ité autonome. »

Les ter­mes phénomène naturel et se man­i­fester sont d’une grande impor­tance : en yoga, nous appelons cela Purusha, principe vital, esprit, pure con­science. (il existe encore d’autres déf­i­ni­tions)

Et rappelons un instant ce qu’est  la biosphère (cf wikipédia)

« La biosphère  est l’ensem­ble des organ­ismes vivants et leurs milieux de vie, donc la total­ité des écosys­tèmes présents que ce soit dans la lithos­phère, l’hydrosphère et l’atmo­sphère. »

Ces deux déf­i­ni­tions nous per­me­t­tent de « revenir les pieds sur Terre » pour bien com­pren­dre qu’il est de notre intérêt de nous recon­necter avec notre vie intérieure. Notre organ­isme cor­porel sait par nature ce dont il a besoin pour vivre har­monieuse­ment, mais notre men­tal inter­fère trop sou­vent avec des analy­ses et des pseu­dos besoins qui nous éloignent de notre pro­pre sen­si­bil­ité et donc de notre capac­ité à nous équili­br­er. Nous recher­chons alors à l’extérieur ce que nous avons à l’intérieur !

Il nous incombe donc de faire ce qui doit être fait pour appren­dre à écouter notre corps. Celui-ci com­mu­nique con­stam­ment avec nous, mais sommes-nous con­stam­ment atten­tifs à ses sig­naux ?

Il nous est très aisé de recon­naître à quel moment il va nous fal­loir nous restau­r­er, dormir, boire, nous n’avons pas besoin de nous pos­er la ques­tion !! Apprenons à écouter encore plus intime­ment d’autres sig­naux plus déli­cats et sub­tils à tra­vers l’exploration minu­tieuse et con­sciente du corps pour recon­naître ce qui est juste pour notre équili­bre. De cette approche sim­ple dépend notre bien-être, mais cela ne sig­ni­fie pas que c’est chose facile à met­tre en œuvre de nos jours : c’est une hygiène de vie qui amène une qual­ité de vie.

Pour con­clure, voici un extrait d’un des livres de Christophe André, « la vie intérieure »  :

Un équili­bre à réa­juster sans cesse

« Il est nor­mal que notre esprit vagabonde ; le cerveau pro­duit des pen­sées comme les poumons pro­duisent des mou­ve­ments res­pi­ra­toires, c’est son tra­vail. Réfléchir, ce n’est pas fab­ri­quer des pen­sées, mais choisir, par­mi toutes les pen­sées qui arrivent à notre esprit, celles qui nous impor­tent. C’est-à-dire porter notre atten­tion sur elles, et la détourn­er des autres.

Le fonc­tion­nement de l’attention est celui d’un équili­bre, à réa­juster sans cesse, entre focal­i­sa­tion délibérée et dis­per­sion involon­taire. Nous avons à faire preuve à la fois de vig­i­lance et de tolérance par rap­port à cette insta­bil­ité nor­male de notre atten­tion. Il est inutile de s’en vouloir, ou de con­sid­ér­er la dis­per­sion comme un échec ou la preuve d’une inca­pac­ité. Mais il est impor­tant d’offrir à notre esprit un envi­ron­nement facil­i­tant, d’appauvrir ou de tarir les sources de dis­trac­tions : en éteignant les écrans, en écar­tant les engins qui bipent et qui son­nent, en préférant un envi­ron­nement calme, sans musique d’ambiance ni bruits de fond. »

Bonne médi­ta­tion à vous.

Lokah samas­tah sukhi­no bha­van­tu

Rythme de vie : L’ Été

Cette péri­ode de l’an­née tant atten­due dans nos lat­i­tudes est syn­onyme de chaleur, de mou­ve­ment et de légèreté.
Nous devons cepen­dant appren­dre à vivre cette sai­son avec dis­cerne­ment et pré­cau­tion.

L’élé­ment pré­dom­i­nant étant le feu, un grand nom­bre de per­son­nes sont sujettes à l’ir­ri­ta­tion, au stress, aux inflam­ma­tions et à la fatigue.

Apprenons à intro­duire dans notre mode de vie des qual­ités qui amè­nent de la fraîcheur, de la pesan­teur et de la sta­bil­ité.
Cette atti­tude nous per­met de prof­iter pleine­ment de l’én­ergie solaire et de mieux l’as­sim­i­l­er, sans puis­er dans nos forces vitales et sans user notre cap­i­tal san­té.

Dans notre pra­tique des asanas, priv­ilé­gions les pos­tures assis­es avec ouver­ture des aines, tout comme les flex­ions latérales qui auront une action de dis­per­sion du feu.
Des flex­ions avant, tou­jours assis­es, pour aug­menter l’ac­tion des élé­ments terre/eau, et don de rafraîchir.
Les pos­tures debout ne seront pra­tiquées qu’à 75% de notre force pour lim­iter l’ac­croisse­ment du feu.
Faisons des temps de pause entre les pos­tures en main­tenant les yeux fer­més.
La pra­tique des asanas se fait idéale­ment aux heures les plus fraîch­es.

Pra­tiquez Sitali ou Sitkari pranaya­ma pour rafraîchir le corps entier et calmer le men­tal.

Notre ali­men­ta­tion est très impor­tante et nous con­fère des qual­ités en rap­port avec les ingré­di­ents con­som­més ; plus de salades, moins d’ élé­ments piquants et moins de sel. Préférez des saveurs plus amères et astrin­gentes, douces et rafraîchissantes.
Des repas un peu plus légers car notre feu diges­tif est amoin­drit. Mas­tiquez des graines de fenouil ou d’a­nis après les repas pour favoris­er la diges­tion.
Evidem­ment, le régime ali­men­taire peut vari­er en fonc­tion de vos pro­pres doshas : rap­prochez vous d’ Aline dans la sec­tion Ayurve­da pour un bilan et un suivi plus per­son­nal­isé.
Oubliez les salades de fruits en dessert car la con­som­ma­tion des fruits de sai­son se fait en dehors des repas !!

Un bel été à toutes et à tous,

Namas­té.

Rythme de vie : Le Printemps

Le pas­sage vers le print­emps est prop­ice au net­toy­age des éner­gies stag­nantes de l’hiver.

La sagesse pop­u­laire elle-même nous invite à effectuer un grand net­toy­age print­anier de notre domi­cile ! Nous en ressen­tons instinc­tive­ment le besoin.

Et pour nous-mêmes alors ?

Si vous avez bien suivi vos néces­sités quo­ti­di­ennes hiver­nales, nul doute que cette tran­si­tion se fera aisé­ment et en douceur  vers le renou­veau.

Sur le plan physique, il va vous fal­loir effectuer des asanas qui massent et stim­u­lent le sys­tème diges­tif, ce qui d’emblée, aura une influ­ence pos­i­tive sur votre sta­bil­ité émo­tion­nelle.

Les élé­ments pré­dom­i­nants de cette sai­son sont l’eau et la terre : priv­ilégiez donc des tor­sions debout pour stim­uler la con­trac­tion mus­cu­laire des jambes (ce qui favorise la cir­cu­la­tion lym­pha­tique) et l’essorage des organes internes.

Ajoutez un zeste de dynamisme pour favoris­er les élé­ments air/éther, le mou­ve­ment et l’espace.

Faites des exer­ci­ces res­pi­ra­toires réchauf­fants pour aug­menter le feu diges­tif et favoris­er l’élimination des tox­ines.

Dans votre ali­men­ta­tion, préférez des saveurs amères et piquantes qui vont éveiller les qual­ités de chaleur et mou­ve­ment.

Con­tin­uez de net­toy­er la langue tous les matins, évitez de trop dormir, et si vous le pou­vez, lev­ez vous avant le soleil et bougez !

Paysage hivernal

Rythme de Vie : L’ Hiver

Vivre en bonne san­té : voilà l’élé­ment clé pour vivre dans la joie et la paix.

Peu importe nos orig­ines, nous avons tous un corps, mais notre con­sti­tu­tion dif­fère d’un indi­vidu à l’ autre : il y a autant de con­sti­tu­tions qu’il y a d’in­di­vidus !

Mal­gré ceci, nous répon­dons tous aux mêmes principes de vie. La préven­tion est pri­mor­diale : selon la sagesse indi­enne “le corps se porte bien lorsque nos avons une ali­men­ta­tion équili­brée (ahara), un som­meil pais­i­ble, que nous pra­tiquons des mou­ve­ments et exer­ci­ces appro­priés (vyhara), que notre men­tal et notre état affec­tif sont en paix (manovya­para) ; c’est une néces­sité quo­ti­di­enne.

En cette péri­ode de l’an­née où l’on mange plus, la pra­tique pos­tu­rale peut s’in­ten­si­fi­er un peu : main­tien des pos­tures plus long qu’en automne.

Les durées de lumi­nosité naturelle étant plus cour­tes, c’est le bon moment pour pro­téger et con­serv­er nos forces vitales.

Péri­ode très faste pour la médi­ta­tion, où l’on pour­ra explor­er sere­ine­ment l’e­space du cœur, où s’opère la ren­con­tre d’At­man et de Brah­man. Expéri­ence de la paix que rien ni per­son­ne ne peut vous offrir ou vous ôter.

Con­som­mez des ali­ments chauds, onctueux et nutri­tifs. Priv­ilégiez les saveurs acides, sucrées et piquantes ; usage des épices chaudes : can­nelle, gin­gem­bre, clou de girofle, badi­ane, en tisane ou cuis­inées, elles allumeront votre feu diges­tif.

Net­toyez la langue tous les matins, le nez deux à trois fois par semaine.

Cou­vrez vous bien lorsque vous sortez, en par­ti­c­uli­er les épaules, le cou et la tête.